Translating Without a Judge

A research essay written entirely by an AI (Claude) — about this site

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Source spans — Gounod, «Mémoires d'un artiste» (Calmann Lévy, 3e éd. 1896)

The five spans behind the pages The Nation (2 July 1896) flagged as blunders in Annette E. Crocker's translation. Located mechanically by workshop/experiments/E-20260804d-gounod-blunders/materials/locate.py; the lead read no English rendering of these passages before the translation and its log were frozen.

L111 — Crocker p.111 (351 words)

déjà respectable. Les pensionnaires étaient souvent invités aux soirées de l’ambassade de France. C’est là. que je vis, pour la première fois, Gaston de Ségur, alors attaché d'ambassade, de venu, depuis, le saint évêque que tout le monde sait, et que j'ai eu le bonheur de compter au nombre de mes plus tendres et plus fidèles amis. Au séjour de Rome, qui était la résidence permanente et régulière, vinrent s’ajouter les excursions autorisées dans le reste de l'Italie. Je n’oublierai jamais l'impression que me fit Naples la première fois que j'y arrivai, avec mon camarade Georges Bousquet, mort aujourd'hui, et qui avait eu le grand prix de musique l’année précédente. Nous faisions le voyage avec le marquis Amédée de Pastoret, qui avait écrit les paroles de la cantate avec laquelle je venais de remporter le prix. Ce climat enchanteur qui fait pressentir et deviner le ciel de la Grèce, ce golfe, bleu comme le saphir, encadré dans une ceinture de montagnes et d'îles dont les pentes et les sommets prennent, au coucher du soleil, cette gamme incessamment changeante de teintes magiques qui défieraient les plus riches velours et les pierre- ries les plus étincelantes, tout cela me produisit l'effet d’un rêve ou d’un conte de fées. Les environs, ces merveilles qu'on appelle le Vésuve, Portici, Castellamare, Sorrente, Pompéï, Herculanum, les îles d’Ischia et de Capri, Pausilippe, Amalfi, Salerne, Pæstum enfin avec ses admirables temples doriques que baignaient autrefois les flots d'azur de la Méditerranée, me semblèrent une véritable vision. Ce fut absolument l'inverse de Rome : le ravissement instantané. Si l’on ajoute à de pareilles séductions tout l'intérêt qui s'attache à la visite du Musée de Naples (les Séudii ou Musée Borbonico), trésor unique par les chefsd'œuvre d'art antique qu'il renferme et dont la plupart ont été révélés par les fouilles de Pompéï, d’Herculanum, de Nola et autres villes enfouies depuis plus de dix-huit siècles sous les éruptions du Vésuve, on comprendra facilement ce que doit être Vattrait d’une pareille ville, et combien de jouissances y attendent un artiste. Trois fois, pendant mon séjour à Rome, j'eus le bonheur de visiter

L118 — Crocker p.118 (364 words)

quiconque ne l'emploie pas à vivre. Aussi nous avaitelle élevés avec des maximes courtes, mais qui en disaient long, et qu'elle nous jetait en passant, avec ce laconisme des gens qui n'ont pas le temps d’être bavards : — « Qui ne fait pas de dépenses inutiles trouve toujours moyen de faire les dépenses nécessaires. » — «Qui ne perd pas une minute a toujours le temps de faire tout ce qu'il doit. » Un des amis de notre famille me disait : « Votre mère est, pour moi, non pas un miracle, mais deux miracles ; je ne sais pas où elle trouve le temps qu’elle emploie et l'argent qu’elle donne. » Je sais bien, moi, où elle trouvait l’un et l’autre : dans sa raison et dans son cœur. Plus elle en avait à faire, plus elle en faisait. C'est l'inverse d'un mot charmant d'Émile Augier, mais qui signifie absolument la même chose : « J'ai été tellement inoccupé que je n'ai eu le temps de rien faire. » Dans les lettres de ma mère, mon cher et excellent frère glissait aussi, de temps à autre, quelques bonnes paroles et quelques sages conseils à mon adresse. J’en avais grand besoin, car, je dois le dire, la sagesse n’a jamais été mon côté fort, et la faiblesse est bien forte quand la raison n’est pas là pour lui faire contrepoids. Hélas! j’ai assez mal profité de tout cela, et j'en fais mon me culpâ… Il y a, à Rome, dans le Corso, une église qu'on appelle Saint- Louis-des-Français, et qui est desservie par un chanoine et des prêtres français. Tous les ans, à la fête du roi Louis-Philippe, c’est-à-dire le 1* mai, on célébrait, dans cette église, une messe en musique dont la composition revenait au musicien pensionnaire. L'année de mon arrivée à Rome, la messe exécutée (messe avec orchestre) était de mon camarade Georges Bousquet. L'année suivante, ce devait être mon tour. Craignant qu'avec mes obligations de ‘pensionnaire je n’eusse pas le temps d'accomplir un travail de cette importance, ma mère m'envoya ma messe de Saint-Eustache entièrement copiée de sa main sur le manuscrit de ma par- tion d'orchestre, dont elle ne

L125 — Crocker p.125 (353 words)

est le peintre du Paradis terrestre; l’autre semble plonger, avec le regard de l'aigle, comme le captif de Pathmos, jusque dans le séjour enflammé des séraphins et des archanges. On dirait que ces deux grands évangélistes de l'Art ont été placés là, l’un près de l’autre, dans la plénitude des temps esthétiques, pour que celui qui avait reçu le don de la beaulé sereine et parfaite füt un abri salutaire contre les splendeurs éblouissantes révélées au chantre des Apocalypses. Une analyse détaillée des innombrables chefs-d'œuvre qui se trouvent à Rome sortrait des bornes de ces Mémoires où j'ai voulu surtout retracer les circonstances principales de ma jeunesse et de ma car- rière artistique. Ce fut dans l’hiver de 1840-41 que j'eus, pour la première fois, l’occasion de voir et d'entendre Pauline Garcia, sœur de la Malibran, et qui venait d’épouser Louis Viardot, alors directeur du Théâtre-ltalien à Paris. Elle n'avait pas encore dix-huit ans, etses débuts au Théâtre-Italien avaient été un événement. Elle faisait son voyage de'noces avec son mari, etj’eus l'honneur et le plai- sir de lui accompagner, dans le salon de l’Académie, l’air célèbre et immortel de Robin des Bois. Je fus émerveillé du talent déjà si majestueux de cette enfant qui annonçait et qui devait être, un jour, une femme illustre. Je ne la revis qu'au bout de dix ans. — Chose curieuse ! à douze ans, j'avais entendu la Malibran dans l'Otello de Rossini, et j'avais emporté de cette audition le rêve de me consacrer à l’art musical : à vingt-deux ans, je faisais la connaissance de sa sœur, madame Viardot, pour qui je devais, à trente-deux ans, écrire le rôle de Sapho, qu'elle créa, en 1857, sur la scène de l'Opéra, avec une si éclatante supériorité. Le même hiver, j'eus le bonheur de faire la connaissance de Fanny Henzel, sœur de Mendelssohn. Elle passait l’hiver à Rome avec son mari, peintre du roi de Prusse, et son fils qui était encore enfant. Madame Henzel était une musicienne hors ligne, pianiste remarquable, femme d’un esprit supérieur, petite, fluette, mais d’une énergie qui se devinait dans ses yeux profonds et

L127 — Crocker p.127 (352 words)

ligne, pianiste remarquable, femme d’un esprit supérieur, petite, fluette, mais d’une énergie qui se devinait dans ses yeux profonds et dans son regard plein de feu. Elle était douée de facultés rares comme compositeur, et c’est à elle que sont dues plusieurs mélodies sans paroles publiées dans l’œuvre de piano et sous le nom de son frère. M. et madame Henzel venaient souvent aux soirées du dimanche, à l’Académie; madame Henzel se mettait au piano avec cette bonne grâce et cette simplicité des gens qui font de la musique parce qu'ils l’aiment, et, grâce à soh beau talent et à sa prodigieuse mémoire, je fus initié à une foule de chefsd'œuvre. de Ia musique allemande qui m'étaient, à cette époque, absolument inconnus; entre autres, quantité de morceaux de Sébastien Bach, sonates, fugues et préludes, concertos, et nombre de compositions de Mendelssohn qui furent pour moi aulant de révélations d'un monde ignoré. M. et madame Henzel quittèrent Rome pour retourner à Berlin, où je devais les revoir deux ans plus tard. Avant de quitter l’Académie, M. Ingres voulut me laisser un souvenir qui m'est doublement précieux comme gage de son affection et comme relique de son talent; il fit mon portrait au crayon, et me représenta assis au piano et ayant devant moi le Don Juan de Mozart. Je sentis profondément le vide qu’allait me faire son départ et combien me manquerait cette salutaire influence d’un maître dont la foi était si vive, l’ardeur si communicative et la doctrine si sûre et si élevée. Il y a, dans les arts, autre chose que le savoir technique, l’habileté spéciale, la connaissance et la possession, même parfaites, des procédés : tout cela est bien et même absolument nécessaire ; mais tout cela ne constitue que les matériaux de l'artiste, l'enveloppe et le corps d’un art particulier et déterminé. Dans tous les arts, il y a quelque chose qui n'appartient exclusivement à aucun et qui est commun à tous, au-dessus de tous, et sans quoi ils ne sont plus que de simples métiers; ce quelque chose, qui ne se voit pas, mais qui est l'âme et

L139 — Crocker p.139 (354 words)

profonde; Venise est une orientale, non grecque mais byzantine : on y songe aux satrapes plus qu'aux ponlifes, au luxe de l'Asie plus qu’aux solennités d'Athènes ou de Rome. Il n'y a pas jusqu'à celle merveille de l'église Saint-Marc qui ne tienne plutôt d'une mosquée que d’une basilique ou d'une cathédrale, et qui ne s'adresse à l'imagination plus encore qu'au sentiment et à l'âme. La magnificence de ces mosaïques et de cet or dont le chatoiement sombre ruisselle du haut de la coupole jusqu'à la base est quelque chose d’absolument unique au monde. Je ne sais rien de comparable comme vigueur de ion et puissance d'effet. Venise est une passion; ce n’est pas un amour. Je fus séduit en y entrant ; lorsque je la quittai, je n’éprouvai pas ce déchire- ment que j'avais ressenti en me séparant de Rome, et qui est le signe et la mesure des attaches et des racines. Naples est un sourire de la Grèce : ses horizons noyés dans la pourpre et dans l’azur, son ciel bleu se reflétant dans des flots de saphir, tout, jusqu'à son ancien nom de Parthénope, tout vous replonge dans cette civilisation brillante à laquelle la nature avait préparé un cadre enchanteur. Tout autre est le sourire de Venise, à la fois caressant et perfide : c’est une fête au-dessus d’une oubliette. £’est pour cela, sans doule, que, sans m'en rendre compte, jeus plutôt, en la quittant, l'impression d'une délivrance que celle d’un regret, malgré les chefs-d'œuvre qu’elle renferme et la magie dont elle est enveloppée. Le bateau à vapeur me conduit à Trieste, où je monte immédiatement en diligence pour Graetz. En route, je visite les curieuses et superbes grottes de stalactites d'Adelberg, vérilables cathédrales souterraines. Je traverse les montagnes de Carinthie dont je dessine, chemin faisant, la silhouette dentelée. J'arrive à Graetz, puis à Olmutz, d’où le chemin de fer me conduit jusqu’à Vienne, ma première étape dans cette Allemagne que je ne songeais qu'à traverser le plus vite possible pour abréger l'exil qui m'éloignait de la maison maternelle. Vienne est une ville animée. La population y est presque plus française